Economie

Budgets 2020 - 2021 : les acrobaties du gouvernement

Budgets 2020 - 2021 : les acrobaties du gouvernement

Le ministre des Finances Louis Paul Motaze, au cours du séminaire de lancement de la préparation du budget 2021 le 21 juillet à Yaoundé, a indiqué que les choix qui seront opérés doivent porter sur les priorités qui s’imposent actuellement à l’Etat du Cameroun.

Mise en œuvre de la deuxième phase de la Vision en l’occurrence la Stratégie nationale de développement (SND), reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, optimisation des acquis de la mise en œuvre du Programme économique et financier, finalisation des projets initiés dans le cadre de certains programmes gouvernementaux, tels que le Pian d’urgence triennal (Planut), le Plan triennal spécial (PTS), Couverture santé universelle(CSU), opérationnalisation des projets de première génération et démarrage de ceux de seconde génération,…sont entre autres les priorités du budget 2021.

Pour relever ces défis, le ministre des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze, au cours du séminaire de préparation du budget de l’Etat pour l’exercice 2021, le 21 juillet à Yaoundé, a indiqué qu’ « il est indispensable pour le gouvernement d’augmenter son espace budgétaire à travers la mise en place de mesures de politiques publiques à forte rentabilité économique et sociale, d’une part, et d’optimisation de la qualité de la dépense publique d’autre part ».

Pour cela, poursuit-il, « il nous revient de faire des choix courageux pour assurer la stabilité et la prospérité de notre pays. A ce titre, la sincérité budgétaire et les politiques volontaristes doivent être observées pour que les choix opérés au cours des activités de préparation du budget portent sur les priorités qui s’imposent actuellement à l’Etat du Cameroun ».

En ce qui concerne la politique économique, il sera question d’engager une véritable transformation structurelle de notre économie. A ce titre, la politique d’import-substitution et le label « Made in Cameroon » devront être rigoureusement mis en œuvre par des actions concrètes qui favorisent la production locale à grande échelle des produits qui grèvent la balance commerciale, et génèrent d’importantes dépenses fiscales parfois improductives.

En matière de dépenses, l’achèvement des projets en cours est l’option à privilégier. Les nouveaux engagements, sans lien avec les priorités actuelles, devraient être proscrits afin de permettre au gouvernement de disposer de marges de manœuvre budgétaires pour assurer le respect dans les délais, de ses engagements.

Dans le même ordre d’idées et s’agissant de la décentralisation, « l’option prise par le Chef de l’Etat pour renforcer les moyens et l’autonomie des Collectivités territoriales décentralisées (CTI ) ) est irréversible. Il revient donc aux administrations impliquées d’évaluer les compétences transférées par la loi aux collectivités territoriales décentralisées et d’examiner l’ensemble des préalables devant permettre leur plein exercice », souligne le Minfi. Le budget 2021 devra donc s’inscrire dans la logique d’une mise en œuvre progressive de ces exigences, tout en veillant à la soutenabilité budgétaire globale de l’Etat.

En matière d’endettement, le respect des délais dans le réglement, du service de la dette reste prioritaire. Ainsi, la recherche de financement portera essentiellement sur la mobilisation des financements confessionnels et à moindre coût au profit des projets rentables, dont les effets induits devront contribuer à faciliter le remboursement de la dette contractée.

Création d’un fonds pour le financement des filières des féculents Pour sortir progressivement de sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur, il est en outre nécessaire d’implémenter la politique d’import-substitution à travers la réduction ou suppression de la défiscalisation sur certains produits qui grèvent la balance commerce: dans l’optique de favoriser la production locale à plus grande échelle ; notamment avec la création envisagée d’un fonds spécial, destiné au financement de la promotion et du développement des filières des légumineuses et des féculents. Ce fonds sera alimenté par la quote-part des droits et taxes de douane résultant de la réfiscalisation progressive de ces produits.

La mise en œuvre îles mesures sus-évoquées n’est possible que si « nous faisons preuve de rigueur, de professionnalisme, du sens de l’intérêt général et de responsabilité dans les choix opérés. Par conséquent, toutes les contingences qui peuvent être des sources d’inefficacité ne doivent pas être simplement identifiées, mais conséquemment adressées, pour donner toutes les chances de succès aux différents rendez-vous d’évaluation de la performance de l’administration et des attentes des populations », martèle Louis Paul Motaze. En tant quacteurs de la préparation du budget, « vous devrez toujours avoir à cœur ces principes essentiels dans les choix que vous ferez dans vos secteurs respectifs », conclue t-il.

Pour ce qui est des prochaines étapes d’orientation et. de coordination de l’élaboration du budget de l’Etat, il s’agit entre autres des conférences élargies de programmation et de performance associée, des conférences de budgétisation des événements transversaux (Planut, Can, Ptsj). des conférences de budgétisation des tonds de contrepartie et de réhabilitation des entreprises publiques et des conférences budgétaires, (les rencontres constituent des moments de discussions techniques, tant pour la préparation’ du budget futur, que pour l’optimisation du système de gestion des finances publiques. Elles visent à suivre le respect des engagements de l’Etat et veillent à une meilleure cohérence de l’action du gouvernement dans la conduite des politiques publiques.