Economie

« l'Etat finira par répondre aux cris de détresse du Gicam »

« l'Etat finira par répondre aux cris de détresse du Gicam »

Cyrille Ngoua, Coach Consultant en Management

« Les mesures sociales et surtout économiques édictées par le Gouvernement en guise de riposte contre une rapide propagation du coronavirus dans notre pays sont en train d’imposer, au fil des jours, des conséquences désastreuses dans la vie des populations et surtout dans celle des activités économiques. Une vingtaine de mesures qui semblaient être salutaires dès leur mise en place en place le 17 Mars dernier puis renforcées deux semaines plus tard, sont en train de devenir drastiques un peu plus d’un mois après leur instauration.

Parmi ces mesures suicidaires on peut citer, entre autres, la fermeture des frontières terrestres et aériennes avec pour effet la très grande réduction des importations et des exportations. La fermeture des établissements scolaires et universitaires dont la grande majorité sont privées et fonctionnent grâce frais de scolarité étalées au long de l’année, la rotation ou la réduction des personnels dans les entreprises à grands effectifs qui ne permettent malheureusement qu’ à affaiblir leur rendement, la fermeture des bars, restaurants et autres lieux de détente à partir de 18 heures qui induit une forte réduction des bénéfices dans ce domaine considéré comme l’un des secteurs les plus actifs de notre économie. Malheureusement la mise en application de ces mesures n’est pas suivie de formules d’accompagnement notamment sur le plan fiscal ou de la mise à disposition de certaines compensations financières.

D’où le cri d’alarme du Groupement interprofessionnel du Cameroun (Gicam) qui estime que 53% des entreprises vont devoir fermer leurs portes dans trois mois si le covid-19 est toujours présent. Les effets attendues de cette crise sanitaire qui prend déjà des allures économiques sont déjà très perceptibles dans certaines entreprises qui ont été obligées de renvoyer une bonne partie de leur personnel pour des congés techniques et d’autres tels que des établissements hôteliers qui ont tout simplement déjà fermé les portes en raison de l’absence totale et prolongée de la clientèle.

L’exemple de Kribi dans ce secteur qui lui est prioritaire est plus frappant. Notre compagnie aérienne, Camair co, qui vivait depuis un bail sous perfusion est désormais plongée dans une agonie visiblement irréversible. Que dire de l’activité portuaire qui vit dans un vrai ralenti. Pourtant malgré ces difficultés, le Gouvernement n’apporte aucune mesure d’accompagnement aux charges de fonctionnement des entreprises, notamment privées, pour leur permettre de tenir le coup.

Ainsi pour aider les entreprises le Gicam propose au Gouvernement de réduire la pression fiscale qui reste fortement maintenue sur les entreprises malgré le respect strict des mesures du Gouvernement qu’elles appliquent à la lettre. De même qu’il suggère à l’Etat, la mise à disposition des fonds pour ces entreprises afin de leur permettre de résister aux effets dévastateurs dus à cette crise sanitaire. La question qui se pose est celle de savoir si l’Etat prêtera une oreille attentive à ce cri de détresse lancé par le Gicam.

Difficile d’y réponse par l’affirmative lorsqu’on sait que les recettes fiscales constituent l’une des principales ressources financières du Cameroun et qu’on imagine mal le pays revoir ses rentrées financières à la baisse même dans une situation aussi difficile où chacun est susceptible de faire un gros sacrifice, où on est, tous, appelé à unir les efforts pour riposter efficacement contre une propagation incontrôlable du Corona virus dans notre pays.

Pourtant en apportant une réponse positive à la demande de réduction de la pression fiscale émise par le Gicam, l’Etat pourrait résoudre ainsi le second problème posé, à savoir celui concernant la mise à disposition des fonds pour les entreprises Camerounaises qui sont aujourd’hui sérieusement affectées par l’évolution de cette pandémie et les effets pervers qu’elle fait subir au monde entier. Mais nous restons convaincus que même si l’Etat Camerounais décide de rester éternellement sourd aux alertes du Gicam, la dégradation progressive de la situation économique finira par l’obliger à trouver des solutions palliatives à la survie des entreprises ».